TRANSPORT FERROVIAIRE SUR LE SITE ALSTOM À REICHSHOFFEN NAISSANCE D'UN NOUVEAU TRAIN RÉGIONAL
À partir du printemps 2013, un nouveau modèle de train, baptisé Regiolis, commencera à circuler sur les lignes TER de onze régions françaises dont l'Alsace. La fabrication des premières voitures vient de commencer sur le site Alstom à Reichshoffen. Ce dernier doit, dans les douze années à venir, livrer 164 trains complets à la SNCF.
Après l'intervention des chaudronniers et le passage en cabine de peinture, les structures métalliques des voitures de présérie du futur train Regiolis sont prêtes pour le garnissage final.
Là où, sous le nom de Dietrich ferroviaire, ont été fabriquées voilà plus de trente ans des remorques pour les premiers TGV et, plus récemment, les autorails monocaisse de la série « A TER » (surnommée la baleine bleue), une nouvelle aventure industrielle a commencé depuis quelques semaines à prendre ses marques.
Sous les sheds des longs halls de l'usine Alstom de Reichshoffen (800 salariés), l'un des six sites industriels de la branche transport d'Alstom (*), les dix premières voitures constituant la présérie des trains « Regiolis », dont les premières livraisons à la SNCF sont prévues dans deux ans (lire ci-dessous), sont actuellement en cours de finition.
En interne, sur les lignes de montage en cours d'installation, on le désigne plus volontiers sous l'appellation maison, soit le « Coradia porteur polyvalent ». « C'est un matériel roulant nouvelle génération, bi-mode diesel-électrique, issu de la gamme Coradia qu'Alstom développe pour les trains régionaux depuis vingt ans. Le nom Regiolis désigne le produit final tel que voulu par la SNCF et les collectivités régionales où il circulera », explique Benoît Carniel, directeur du projet. Dix comitésde design
Une fois l'appel d'offres attribué à Alstom, l'aménagement intérieur de ce nouveau produit a fait l'objet d'une démarche partenariale inédite. L'équipe des designers d'Alstom, basée à Saint-Ouen et dirigée par Xavier Allard, s'est efforcée de répondre aux attentes, parfois particulières (stockage des vélos, racks à skis, cloisons coulissantes, etc.), exprimées par les représentants des Régions ayant pris part à pas moins de dix réunions spécifiques.
« À compter de mars 2011, date de démarrage de la fabrication en série, et jusqu'aux alentours de 2023, le Regiolis sera la production phare du site de Reichshoffen », explique Alain Letzelter, son directeur. Alstom a pour cela investi plus de 9 millions d'euros pour moderniser l'outillage de cette nouvelle chaîne de fabrication qui comprend notamment un robot de soudage laser hybride unique en France. Avant la production en série, une phase de tests de neuf mois
Le projet, a priori, ne devrait pas créer d'emplois supplémentaires : « Il faut 220 jours pour faire un train. Les effectifs actuels nous permettront de sortir 90 voitures par an. Vu le planning, cela suffira. On a démarré avec une équipe par jour. On passera à 2x8 pour la série », confie M. Carniel.
À six mois de la livraison de la présérie, prévue en juin, et de la phase cruciale des essais et tests de validation (elle durera neuf mois), les premières rames doivent prochainement passer au garnissage : il s'agira d'habiller le « chaudron » (structure métallique de la voiture) en posant notamment la tuyauterie et le câblage, le plancher, les modules WC, les équipements de conduite, les baies vitrées, les portes, sièges, tablettes, etc.
Sur la toiture seront alors posés des « power packs » (groupes électrogènes), permettant de circuler sur des lignes non électrifiées. L'ensemble est entraîné par un moteur diesel fabriqué par l'allemand MAN. « Comme aucun produit sur le marché ne répondait aux besoins spécifiques du Regiolis, Alstom a donc conçu lui-même l'ensemble et l'alternateur. » Une structure de caisse légère mais rigide
Avant d'en arriver là, il a fallu commencer par les travaux de chaudronnerie. Soit, dans l'ordre, assembler le châssis, y souder les ossatures, puis poser les deux faces (livrées par Arcelor), le toit, les extrémités et les cabines. « La structure de caisse combine ici pour la première fois l'acier, le carbone et des alliages d'aluminium, d'où une structure légère mais rigide pour la sécurité et le confort », explique-t-on.
Le passage dans la cabine de peinture est l'ultime étape avant le garnissage. Il n'y a ici pas moins de onze phases successives qui vont du nettoyage du chaudron brut à l'application du vernis sur la teinte définitive, en passant par l'enduisage des faces. Xavier Thiery * Au sein du groupe Alstom, le secteur transport emploie 96 000 collaborateurs dans 70 pays. En France (8 800 salariés; 1,4 milliard de C.A.), outre Reichshoffen, où sont actuellement également montées des remorques du TGV Duplex et des trams Citadis), il déploie son activité industrielle sur 8 autres sites: Valenciennes (métros), La Rochelle (TGV et trams), Belfort (locomotives), Tarbes, Ornans, Le Creusot, Villeurbanne et Saint-Ouen (composants). * Au sein du groupe Alstom, le secteur transport emploie 96 000 collaborateurs dans 70 pays. En France (8 800 salariés; 1,4 milliard de C.A.), outre Reichshoffen, où sont actuellement également montées des remorques du TGV Duplex et des trams Citadis), il déploie son activité industrielle sur 8 autres sites: Valenciennes (métros), La Rochelle (TGV et trams), Belfort (locomotives), Tarbes, Ornans, Le Creusot, Villeurbanne et Saint-Ouen (composants).
Vingt-deux rames Regiolis pour l'Alsace
« Commencé en octobre, l'assemblage des rames de présérie doit être achevé d'ici juin », indique Alain Letzelter, directeur du site Alstom de Reichshoffen. En octobre 2009, la SNCF a confié à Alstom Transport une commande pour la fourniture de 100 trains Regiolis d'un montant de 800 millions d'euros, entre-temps portée à 164 rames (un millier de voitures) et 1,2 milliard d'euros.
Ces nouveaux matériels TER, entièrement accessibles aux personnes à mobilité réduite et capable de rouler à 160 km/h, sont financés par onze Régions françaises mais resteront juridiquement la propriété de la SNCF, entreprise publique, qui en fera l'entretien dans ses établissements. Compléter le parc existant
L'Alsace est partie prenante de ce marché puisqu'elle finance l'achat de 22 trains pour un coût global de 203 millions d'euros. Il s'agit de six rames à moyenne capacité (401 places dont 220 assises) et de seize à grande capacité (645 places dont 336 assises) dont l'habillage intérieur, après sondage auprès des usagers, alternera les couleurs aubergine et framboise.
Les six premières rames alsaciennes doivent être livrées en août 2013, les huit suivantes entre décembre 2013 et août 2014, et les huit dernières entre janvier et mai 2015. « Ces nouveaux trains ne sont pas destinés à remplacer du matériel roulant existant mais viendront compléter le parc actuel. Avec 730 circulations/jour sur 13 lignes, l'Alsace détient le record national pour la densité de l'offre ferroviaire. Cette commande permettra donc d'augmenter l'offre globale de places assises, qui passera globalement de 30 000 à 35 000 », explique Floriane Torchin, directrice des transports à la Région.
Le futur Régiolis est un train régional issu de la gamme Coradia d'Alstom dont plus de 900 unités circulent à ce jour dans neuf pays d'Europe. Le premier Regiolis acquis par la SNCF doit circuler en mars 2013 sur le réseau TER de la région Aquitaine. X.T.
Sources : DNA
Alstom dévoile Régiolis, son nouveau train régional - source : Le Figaro
La première rame de ce TER du futur sera livrée en 2013. Le groupe en a vendu 164 en France.
Le berceau du TER de demain est niché en Alsace, à Reichshoffen, sur les anciennes terres de la famille de Dietrich, dont l'activité ferroviaire a été rachetée par Alstom en 1998. Le vaste site industriel a conservé ses bâtiments de briques aux toitures en dents de scie. Huit cents personnes y sont employées, dont 37% comme ouvriers. Dans l'un des ateliers trône la vedette du jour: le premier «chaudron» (la carcasse métallique d'une voiture) des nouvelles rames Coradia destinées à devenir des Régiolis, ces trains express régionaux (TER) désormais facturés aux régions.
En octobre 2009, la SNCF a signé un contrat-cadre portant sur la fourniture de 1000 TER, pour un montant global de 7 milliards d'euros. Une manne pour le site alsacien d'Alstom, qui va être presque entièrement dédié à la production de ces rames du futur. Pour l'heure, 164 commandes fermes de rames Régiolis ont été signées avec onze régions, ce qui porte le montant de la commande à 1,2 milliard d'euros. L'Alsace, l'une des plus gourmandes, avec 22 trains achetés, pour un prix moyen de 9 millions par rame. À l'opposé, la Lorraine a opté pour huit rames seulement. De quoi réamorcer la pompe industrielle à Reichshoffen. Dès le mois de juin, le site produira une voiture tous les deux jours, et à terme deux par jour. D'autres régions comme le Nord-Pas-de-Calais ou le Languedoc-Roussillon ont en revanche préféré commander des rames régionales à deux niveaux au groupe canadien Bombardier.
Adaptable en version Intercités pour longs trajets
Les prévisions du trafic régional font rêver les constructeurs: d'ici à 2030, le nombre de voyageurs devrait quadrupler. Mais les finances tendues des conseils régionaux freinent les investissements des collectivités. Si les premières livraisons des Régiolis sont prévues en mars 2013, l'ensemble de la commande de 1000 TER devrait s'étaler jusqu'en 2025. «Notre plan de charge est assuré jusqu'en 2015 », assure Jérôme Wallut, directeur général France d'Alstom Transport.
Alstom envisage d'autres débouchés avec cette nouvelle gamme de trains disponibles en version électrique et en version hybrique (diesel et électrique), en trois longueurs différentes (110, 72,56 mètres), et offrant un accès de plain-pied aux voyageurs grâce à l'installation des moteurs et des équipements techniques sur les toits de rames.
Avec les aménagements intérieurs adaptables à des trajets longs, les Coradia pourront en effet concourir aux appels d'offres des trains Intercités (ex-Corail) ou trains d'équilibre du territoire (TET). En novembre, l'État a signé une convention avec la SNCF pour financer les lignes Intercité déficitaires. Et l'État a promis un investissement de 300 millions d'euros pour le renouvellement du matériel roulant sur ces lignes. «Les TER sont prévus pour rouler à 160 km/heure mais la version Interville -3 heures de trajet en moyenne- permet de rouler à 200 km/heure », souligne Jerôme Wallut.

















